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Actualité — Publié le 17 octobre 2018 à 10:00

Fabrice Luchini, l'inépuisable

Fabrice Luchini, l'inépuisable... Dans Un Homme pressé, Fabrice Luchini est extraordinaire en homme qui doit apprendre à parler et à se souvenir.

Fabrice Luchini est un genre à lui tout seul. On va voir « un Luchini » comme on allait voir jadis un Gabin, un De Funès, un Belmondo ou un Delon. La marque des grands. Bientôt cinquante ans de carrière (sa première apparition remonte à 1969, dans Tout peut arriver de Philippe Labro) et plus de 160 millions de spectateurs réunis devant ses films ! À tout juste 67 ans (il les a fêtés le 1er novembre), Fabrice Luchini est sans doute l’acteur français le plus populaire de sa génération, doublé d’un interprète au style unique, virevoltant, expressif, emphatique, baroque. Un monument que n’ont pas toujours su appréhender nos grands cinéastes (à part Rohmer, Lelouch, Ozon et Dumont, peu de très grands noms à son palmarès), inquiets de le voir s’approprier les films et cannibaliser ses partenaires. Il y a de ça chez Luchini, un appétit de jeu inaltérable, une force centripète qui ramène tout à lui. Quoi qu’il fasse à l’écran, on ne voit que lui, on n’entend que son verbe haut déclamé à l’ancienne – sa marque de fabrique. Luchini, c’est aussi une gestuelle tranchante, un corps élastique comme en témoigne son déhanchement diabolique dans Paris de Cédric Klapisch, où il exécute une danse endiablée devant une Mélanie Laurent médusée. La demi-mesure, très peu pour cet ogre du jeu qui effraie jusqu’aux votants des principales cérémonies de remise de prix : seulement un César (du meilleur acteur dans un second rôle pour Tout ça... pour ça !, en 1994) et un Molière d’Honneur (en 2016) pour une petite quinzaine de nominations au total. Luchini est un paradoxe vivant, l’homme acclamé des lectures sur scène des fables de La Fontaine, le « client » incontrôlable des plateaux de télévision et l’acteur recherché pour sa capacité à porter un film et à fédérer un public acquis.

Évolution

Depuis trois ans, quelque chose a changé. Cela a commencé par L’Hermine de Christian Vincent dans lequel Fabrice Luchini était étonnamment en retrait en président de cour d’assises psychorigide, confronté à une femme qu’il aime sans retour. En s’effaçant, il a permis à Sidse Babett Knudsen d’obtenir le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 2016, prouvant au passage qu’il était capable de faire briller ses partenaires. Un an plus tard, il se livrait à une performance loufoque ahurissante dans Ma Loute de Bruno Dumont en adoptant une démarche et un phrasé grotesques, qui caricaturait son image de grand bourgeois installé. Aujourd’hui, avec Un homme pressé, il revient avec un nouveau rôle casse-cou, celui d’un businessman victime d’un AVC qui à son réveil du coma est incapable d’articuler la moindre phrase correctement. Un comble pour l’acteur ! « Quand Fabrice a donné son accord pour le rôle, j’ai réécrit pour lui, explique le réalisateur Hervé Mimran, coréalisateur de Tout ce qui brille. Il adorait l’histoire, mais même s’il peut réciter Baudelaire ou Rimbaud par coeur, là, pour ce rôle, il appréhendait d’apprendre des mots qui n’existent pas ! Il a eu un déclic quand il a trouvé le sens à donner à ses dialogues. C’est le mystère et la magie des grands acteurs... » Voir Luchini buter sur des mots, se ridiculiser par des contresens, être en position d’infériorité en somme, n’est pas le moindre des intérêts d’Un homme pressé, porté non seulement par l’acteur mais aussi par Leïla Bekhti, lumineuse en orthophoniste sourde aux exigences de son patient. Pas de doute : l’âge aidant, Fabrice Luchini est plus que jamais disposé à faire profiter de son immense talent la génération montante. Le résultat est tout aussi spectaculaire et enthousiasmant qu’avant.

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