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Actualité — Publié le 22 février 2019 à 18:31 par Pierre Lunn

Le Chant du Loup : rencontre avec Antonin Baudry, son réalisateur

Il y a cinq ans, Antonin Baudry avait scénarisé le film de Bertrand Tavernier, Quai d’Orsay, adapté de sa propre BD. Et depuis, silence radio. Il revient avec Le chant du Loup, un film de sous-marin haletant qui tient autant du jeu d’échecs que du thriller.

Le Chant du Loup ne ressemble à rien de ce qu’on a l’habitude de voir dans le paysage cinématographique français…
C’est vrai que c’est une aventure un peu folle qui m’a pris trois ans de travail, jour et nuit, sans repos et sans relâche.

Comment, quand on vient comme vous de la diplomatie, en arrive-t-on à faire un premier film de sous-marin ?
Vous avez un peu de temps ? (Rires.) Sérieusement, cela fait longtemps que je veux réaliser un long-métrage. J’ai fait des études de cinéma – entre autres. Et j’ai étudié les films d’action de Hong Kong. Wong Kar Wai, Tsui Hark, John Woo, sont mes cinéastes de chevet. Leurs films m’ont nourri et m’ont très vite donné envie d’en réaliser, bien avant de m’engager dans la voie de la diplomatie… Concrètement, je me suis lancé sur Le Chant du loup après le tournage de Quai d’Orsay [adapté de sa propre BD]. Sur le tournage, je questionnais tout le temps Bertrand [Tavernier] sur ses choix. Et puis un jour, j’ai eu un flash : j’ai vu un sous-marin émerger et tout s’est enchaîné. L'idée de « l’oreille d’or » a été centrale.

C’est quoi, cette oreille d’or ?
Dans le milieu des sous-mariniers, ce sont les spécialistes de l’analyse acoustique, recrutés pour leur mémoire auditive hyper développée. Ils sont formés à la reconnaissance des bruits sous-marins. J’ai découvert ce métier pendant mes recherches ; et c’est l’un des rares domaines où l’humain est encore supérieur à la machine. Un commandant de sous-marin se fie davantage à son « oreille d’or » pour prendre des décisions qu’à ses sonars. Tout se fonde sur de l’humain. Et c’est une idée de cinéma géniale. Pour un personnage, avoir ce genre d’antenne vous rend très fragile. Ça m’a permis de construire le personnage joué par François Civil.

On a le sentiment que vos comédiens forment un véritable équipage. Comment avez-vous réussi ça ?
C’était l’un de mes objectifs. Trouver une certaine authenticité de jeu collectif et tenir cette note. D’abord, je voulais que les acteurs sachent à quoi ressemble la vie dans ces engins ; on a donc plongé dans un vrai sous-marin. Et puis, il fallait travailler le réalisme dans cet espace. Une amie chorégraphe les a aidés à bouger, à prendre conscience des corps des autres. Dans un sous-marin, les membres d’équipage se connaissent intimement à force d’être les uns sur les autres. On se bouscule, on se dérange : il y a une connaissance tactile et « mentale » des corps. Je voulais qu’ils l’intègrent. C’est aussi un milieu où on ne peut pas mentir. Quand on est enfermés soixante-dix jours dans un submersible, on ne peut pas jouer un rôle, on est obligé d’être soi-même. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi quatre acteurs principaux très différents. Il fallait faire ressortir ces individualités dans le collectif.

Le film de sous-marin est un genre à part entière. Vous aviez des références précises en tête ?
l y a une centaine de films de sous-marins et je crois que je les ai tous vus. À peu près. (Rires.) Mon préféré reste Das Boot de Wolfgang Petersen, mais je voulais m’inspirer du réel et de mes propres expériences dans un sous-marin plutôt que de la réinterprétation du réel par des grands cinéastes. Si on approche le film à travers un genre, on risque de reproduire des clichés. Pendant toute la période créative, je me suis interdit de voir un seul film de sous-marin. Je les adore, et notamment USS Alabama ou À la poursuite d’Octobre rouge mais pour moi Le Chant du Loup n’est pas un film militaire. Il n’y a pas d’armée, en fait. Et ça n’a rien d’un film américain. C’est effectivement un film à part…

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