Gérard Depardieu

Gérard Depardieu


Issu d'un milieu ouvrier Gérard Depardieu naît dans une famille nombreuse. Turbulent dès l'adolescence, le jeune homme excelle d'abord dans les trafics et larcins en tous genres. Plutôt loubard et gouailleur, il se découvre une passion pour le théâtre lors d'un passage à Paris. Acteur-né, Depardieu suit les cours de comédie de Jean-Laurent Cochet et y rencontre sa future épouse, Elisabeth. Quelques apparitions de hippie plus tard, il décroche, en 1970, son premier rôle dans Le Cri du cormoran, le soir au-dessus des jonques, de Michel Audiard, où il côtoie Michel Serrault et Bernard Blier. L'acteur tourne ensuite dans plusieurs téléfilms, avant de revenir au cinéma avec un court métrage, La Vie sentimentale de Georges Le Tueur. Il y retrouve ses copains du Café de la Gare, Romain Bouteille, déjà croisé sur Le Cri du cormoran, Patrick Dewaere et Miou-Miou. Les comédiens ont fondé ce joyeux bazar contestataire, temple de la provocation et de la dérision. Parmi les autres illustres membres, on compte Gérard Lanvin et surtout Coluche, qui pliera bagage après une violente dispute avec Romain Bouteille. Depardieu trouve en cette troupe l'esprit de famille qu'il aime tant.

Ses activités trublionesques ne l'empêchent pas de grimper les marches du succès au cinéma. Depardieu campe un voyou dans la comédie de Pierre Tchernia, Le Viager, avec Michel Serrault en vieux increvable. Il multiplie les rôles, dramatiques ou comiques, apparaît dans La Scoumoune et Au rendez-vous de la mort joyeuse. En 1974, Depardieu et son acolyte Dewaere font scandale, avec l'aide de Blier, dans Les Valseuses. En loubards paumés, à l'affût de tous les mauvais plans, ils créent l'incident avec ce film cru, inspiré par la libération sexuelle post soixante-huitarde. Comme ils n'aiment rien tant que la provoc', les deux acteurs s'en donnent à coeur joie, accompagnés de Miou-Miou en jeune femme pas farouche. Souvent dans des emplois de truand, liés à son passé et à sa « gueule », il séduit Sautet qui l'engage sur Vincent, François, Paul et les autres, aux côtés de Yves Montand, Serge Reggiani et Michel Piccoli. Il retrouve d'ailleurs ce dernier dans Sept morts sur ordonnance, en chirurgien victime de chantage, rôle qui le confirme dans des emplois plus profonds que ceux de simple « merlu ». Depardieu aime le scandale et s'en délecte dans le film de l'effronté Ferreri, La Dernière femme, qui ne manque pas de choquer les bonnes moeurs. Deux ans après, un autre Italien s'entiche de son caractère bien trempé. Bertolucci le veut aux côtés de De Niro dans 1900, drame épique sur l'itinéraire de deux enfants nés dans un milieu différent.

Après cette fresque, Depardieu revient à la provocation avec Maîtresse de Barbet Schroeder, où Bulle Ogier explore ses élans dominateurs. Éclectique et aventureux, Depardieu n'hésite pas à jouer dans Le Camion de Marguerite Duras, à ses côtés. L'écrivain et réalisatrice le rappelera plusieurs par la suite. En 1977, Depardieu touche à la folie dans le drame de Claude Miller Dites-lui que je l'aime. En 1978, Depardieu retrouve son partenaire des Valseuses pour une nouvelle frasque de Bertrand Blier, moins réussie, Préparez vos mouchoirs. Très fidèle à ses réalisateurs, Depardieu rejoint ensuite le tournage de Ciao maschio, de Ferreri, puis celui du Sucre, de Jacques Rouffio, qui avait réalisé Sept morts sur ordonnance. Retour à la case Blier en 1979, dans Buffet froid, polar glacial et cynique avec Blier père plus acerbe que jamais.

Réputé ingérable, Depardieu n'effraie pourtant pas Alain Resnais qui lui confie le premier rôle de sa comédie Mon oncle d'Amérique. Sa personnalité entière séduit également Maurice Pialat qui en fera son égérie, en commençant par Loulou, raillant la bourgeoisie dévergondée incarnée par Isabelle Huppert. Truffaut lui offre ensuite l'un de ses plus beaux rôles, dans Le Dernier métro, en acteur pendant l'Occupation. La même année, Depardieu saute à pieds joints dans le comique potache avec son grand pote Coluche, dans Inspecteur la Bavure. Mais très vite, le drame le rattrape et il incarne un voyou psychopathe, menaçant Catherine Deneuve et Yves Montand dans Le Choix des armes d'Alain Corneau. Tombeur de ces dames, Depardieu se meurt d'amour pour Fanny Ardant dans La Femme d'à côté de Truffaut.

Vient ensuite l'époque Veber, avec la mythique Chèvre, où il campe Campana, un privé encombré d'un malchanceux chronique, Pierre Richard. Veber reformera le duo à plusieurs occasions (Les Compères, Les Fugitifs). Toujours le même schéma pour un duo identique, le bourru, brutal et agile, flanqué du dépressif, rêveur et maladroit. Veber fait d'ailleurs de Depardieu un de ses comédiens fétiches, avec qui il tournera sept films. Dans les deux derniers, Le Placard en 2001 et Tais-toi! en 2003, Depardieu change d'emploi et devient l'idiot de service laissant les atouts de Campana aux autres.

Ces rôles récurrents ne l'empêchent pas de tourner pour d'autres. Son rôle d'imposteur dans Le Retour de Martin Guerre lui vaut d'ailleurs d'être primé en 1982. Depardieu, tragédien né, campe ensuite Danton. Ce n'est d'ailleurs pas le seul personnage historique ou littéraire qu'il incarnera. A commencer par son époustouflante interprétation de Cyrano de Bergerac, filmé par Jean-Paul Rappeneau, où, armé de son pic (cap? péninsule?) et de son incroyable talent oratoire, à la fin de l'envoi il touche, remportant le Prix d'interprétation à Cannes et une nomination aux Oscars. Devenu monstre sacré, Depardieu prouve qu'il a la carrure pour incarner des hommes légendaires : Auguste Rodin (Camille Claudel), Christophe Colomb (1492), Porthos (L'homme au masque de fer), Edmond Dantès alias Le Comte de Monte Cristo pour la télévision, Honoré de Balzac (Balzac-TV), François Vatel (Vatel), Jean Valjean (Les Misérables-TV), Vidocq... Depardieu est partout.

Beineix le veut pour La lune dans le caniveau, Pialat le lui arrache pour Police et Sous le Soleil de Satan. L'homme est inépuisable. Doué de ressources surhumaines, il tourne deux à trois films par an. En 1990, avec Green Card, il se fait connaître du public américain, en Français magouillant avec une belle Américaine (Andie MacDowell) pour obtenir la carte verte. Très populaire, Depardieu charme toujours les Français, avec la comédie Mon père ce héros. Véritable machine à jouer, il retrouve Corneau pour Tous les matins du monde, avant de descendre à la mine avec Germinal. Il enfile ensuite l'uniforme du Colonel Chabert, avant de tourner dans le thriller La Machine. Dernier passage par Pialat avec Le Garçu, avant de retourner aux Etats-Unis avec Bogus. Ne perdant pas le rythme, Depardieu passe les braies d'Obelix, personnage qu'on croirait dessiné pour lui, et se ressert trois fois jusqu'en 2008. Parallèlement, il tourne un drame romantique, Un pont entre deux rives, avec sa future compagne Carole Bouquet.

On lui reproche sa boulimie de films, pas toujours intéressants. Depardieu exaspère, mais fascine toujours. Cette force de la nature se plante dans San Antonio, mais rebondit dans 36 quai des Orfèvres; ennuie dans Combien tu m'aimes? puis surprend dans Quand j'étais chanteur. Depardieu a plus d'un tour dans son sac. En 2008, cet acharné des plateaux, connu pour ses frasques et son jeu à la limite de l'improvisation, est dans plus de huit films (sans compter ceux de 2009). De la comédie joviale (Astérix aux jeux Olympiques) au polar noir (L'ennemi public N°1), en passant par la blague foireuse (Disco), Depardieu reste gargantuesque.... Un autre personnage à incarner?

Filmographie de Gérard Depardieu

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